L'indemnisation des personnes brûlées.

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Si l’indemnisation des personnes brûlées relève de l’évaluation des préjudices corporels et de grands principes en la matière, il n’en demeure pas moins que des spécificités s’attachent au parcours d’un grand brûlé, que ce soient des soins à l’indemnisation, jusqu’à une éventuelle procédure judiciaire.

En effet, les brûlures de la face et des mains sont fréquentes chez les personnes brûlées, car ces parties du corps sont particulièrement exposées puisqu’elles ne sont pas normalement protégées par des vêtements.

Par ailleurs, un brûlé de la face inhale souvent de la fumée, ce qui ajoute aux souffrances et aggrave le pronostic de survie.

Si les brûlures superficielles cicatrisent à l’aide de pansements,  ou par la méthode de cicatrisation dirigée), les brûlures profondes nécessitent un traitement chirurgical et entraînent des séquelles importantes.

Les victimes de brûlures profondes doivent subir des soins qui peuvent durer plusieurs mois, voire plusieurs années : kinésithérapie intensive, chirurgie réparatrice, port de vêtements compressifs.

La cicatrisation des brûlures est plus longue que celle des plaies classiques.

Après leur accident, les brûlés peuvent obtenir une indemnisation dans plusieurs cas :
- accident du travail, en cas de faute inexcusable de l’employeur, ce qui n’est bien évidemment pas le cas du sapeur pompier ;
- accident domestique, en cas de souscription d’un contrat « garantie de la vie privée » ;
- agression par un tiers, même si le tiers n’est jamais appréhendé ;
- accident de la route, soit dans le cadre d’une garantie dite « conducteur » si le conducteur est brûlé sans qu’un tiers en soit responsable, soit en actionnant la responsabilité d’un tiers, responsable de l’accident.

L’ensemble des séquelles imputables aux brûlures est évalué lors d’une expertise médico-légale. 

Il est intéressant d’avoir une évaluation pluridisciplinaire par un médecin spécialisé en brûlure - chirurgien ou médecin en médecine physique et rééducation - et par un psychologue ou psychiatre.

Contrairement aux victimes ayant subi un traumatisme crânien, handicap dit « invisible », les séquelles de brûlures sont bien visibles et permettent aux magistrats de mieux se rendre compte des conséquences au quotidien.

Votre avocat conserve toutefois un rôle très important pour insister sur la spécificité des lésions dues aux brûlures et leurs conséquences.

En effet, les magistrats ne réalisent pas toujours que la peau est un organe aux fonctions essentielles : protection contre les agressions, respiration, sudation et thermorégulation, etc.

Il faut dès lors chercher à clarifier parfaitement, au-delà des souffrances physiques et morales considérables, l’ensemble des répercussions sur l’insertion professionnelle, mais aussi sur la vie sociale du grand-brûlé qui, en raison de ses brûlures disgracieuses, subit le regard des autres.

En toute hypothèse, en votre qualité de victime, vous devez envisager l’ensemble de la stratégie de votre dossier pour la reconnaissance de la totalité de vos préjudices avec un avocat habitué à ce type de saisine, de négociations et de combat.